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Impressions du Japon     16 avril 2002 au
16 novembre 2003
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Mai 2003
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Dimanche 18 mai

Miyajima

Nous prenons le tram de Hiroshima pendant une heure, puis un ferry pour aller sur l'île sacrée de Miyajima. Jusqu'à la fin du shogunat en 1861, tout était fait pour éviter les naissances et les décès sur l'île (en ramenant les femmes enceintes et les malades sur la terre ferme) afin de ne pas souiller ce sol sacré. Aujourd'hui on peut naître et mourir librement, mais il n'y a toujours pas de cimetière sur l'île.

Miyajima est peuplée de chevreuils qui nous accueillent dès la sortie du ferry. Fidèle à elle-même, Céline craque devant ces petites bêtes "affamées" et se met à les nourrir avec des biscottes pour chevreuils vendues un peu plus loin.

Rapidement un troupeau se forme autour de la bergère qui est vite débordée. Les petites bestioles n'hésitent pas à pincer les pantalons pour se faire comprendre! Les biscottes sont vites mangées et nous continuons notre route vers le temple principal de l'île.

Aujourd'hui l'île vit principalement du tourisme. Elle est envahie de groupes de touristes japonais qui suivent sagement leur guide armé d'un drapeau. Sur la photo ci-contre des groupes de retraités sont alignés devant le débarcadère.

L'île de Miyajima est connue pour sa porte rouge Ōtorii dans la mer. Ce n'est certes pas la seule porte dans l'eau au Japon (il y en a une autre à Hakone par exemple), mais c'est la plus grande et la plus connue. On voit souvent des ouvrages ou cartes du Japon illustrés de cette porte - parfois sans que l'on précise où elle se trouve.

La porte Ōtorii appartient au temple Itsukushima. Celui-ci est de la même couleur et a aussi les pieds dans l'eau. Il a été fondé au sixième siècle et terminé en 1168.

Ci-contre à gauche, la célèbre pagode penchée de Miyajima.

A droite, les toits des temples Itsukushima et Senjokaku, ainsi que la pagode, à nouveau droite.



Surprise: le temps de visiter quelques magasins de souvenirs, de caresser quelques chevreuils et de manger un bol de riz (il n'y avait pas de selle de chevreuil), nous avons perdu la mer! A marée basse, le temple n'est plus dans l'eau mais sur le sable. La porte par contre trempe toujours dans l'eau.

A dix minutes de là (sept si on court un peu) se trouve le départ de la télécabine pour le sommet. C'est une télécabine assez atypique, à un cable tracteur et deux cables porteurs.

Au sommet Shishiiwa nous admirons la vue sur les autres îles de la mer intérieure entre les grandes îles de Honshu (la principale de l'archipel nippon) et Shikoku (la quatrième).

Nous y sommes accueillis par un troupeau de singes, les mêmes que nous n'avons pas vus à Nikko (à notre grand dam). A la station d'arrivée de grands panneaux nous avertissent qu'il ne faut pas nourrir les singes et nous suggèrent de mettre nos sacs en lieu sûr si ceux-ci contiennent de la nourriture. En effet, dès la sortie un singe nous attend déjà.

Les autres ne tardent pas à rappliquer lorsqu'une employée du parc naturel ommence la distribution quotidienne de nourriture. Une cinquantaine de singes se partagent la manne avec un chevreuil et un corbeau, que l'on voit attaquer sur la photo ci-contre.



Nous redecendons du sommet à pied et arrivons dans un grand magasin de souvenirs: On y trouve de tout: de babioles diverses (au premier plan) aux gros meubles en bois (au fond). Un chevreuil attend les touristes à la sortie.

De retour au temple Itsukushima, nous constatons que la marée est au plus bas et qu'alors même la porte sort de l'eau. Nous decendons sur le sable détrempé.

Quand la porte est immergée, des petits bateaux s'en approchent de quelques touristes n'ont rien trouvé de mieux que de planter des pièces de monnaie dans la peinture. Au moins, ça donne une idée de la hauteur de l'eau à marée haute: environ deux mètres.



La mer retirée, les habitants se précipitent sur la plage pour aller chercher des coquillages pour la soupe au miso (pâte de soja). Il faut aller les chercher en profondeur dans le sable.

Il y a une concentration impressionnante de gens affairés à cette pêche à la pelle.

Ce remue-ménage attire naturellement toutes sortes de parasites, comme cet oiseau à la recherche de poissons et crustacés prisonniers d'une flaque d'eau, ou ce chevreuil intéressé par les sacs non surveillés.

La pauvre dame à la casquette a eu une bonne frayeur en voyant soudainement une truffe fouiller dans ses affaires.



Le temple qui semble comme échoué sur le sable, perd une bonne partie de son charme à marée basse. Nous n'avons d'ailleurs trouvé aucune carte postale montrant le temple ou la porte à sec. Il est assez surprenant que les guides touristiques ne mentionnent pas la marée. Quelle n'aurait pas été notre surprise de trouver une porte sur une plage si nous n'étions venus que l'après-midi.

Sur le chemin du retour nous croisons à nouveau les chevreuils mal élevés du débarcadère et reprenons le ferry.

Les boutiques de souvenirs chechent encore à vendre leur pacotille aux derniers touristes du jour. Ces statuettes érotiques sont un souvenir adorable, non?

Nous avons eu chaud: Un groupe d'une centaine ou plus d'écoliers en uniforme attend de l'autre côté pour prendre le ferry pour passer la nuit sur Miyajima. Ceux-là, nous les avons évités, mais bientôt nous serons noyés dans les courses d'écoles à Kyōto et Nara.

Chronologie: La suite à Kyōto

Photos © Patrick Koppenburg et Céline Weber (sauf mention), textes © Patrick Koppenburg (sauf mention).
Dernière mise à jour: 10:49 2003-11-23 - Patrick Koppenburg
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