|
|
Dimanche 18 mai
Miyajima
Nous prenons le tram de Hiroshima pendant une heure, puis
un ferry pour aller sur l'île sacrée de Miyajima.
Jusqu'à la fin du shogunat en 1861, tout était
fait pour éviter les naissances et les décès
sur l'île (en ramenant les femmes enceintes et les malades
sur la terre ferme) afin de ne pas souiller ce sol sacré.
Aujourd'hui on peut naître et mourir librement,
mais il n'y a toujours pas de cimetière sur l'île.
|
|
Aujourd'hui l'île vit principalement du tourisme. Elle
est envahie de groupes de touristes japonais qui suivent sagement leur guide
armé d'un drapeau. Sur la photo ci-contre des groupes de retraités
sont alignés devant le débarcadère.
|
|
L'île de Miyajima est connue pour sa porte rouge Ōtorii
dans la mer. Ce n'est certes pas la seule porte dans l'eau au Japon
(il y en a une autre à Hakone
par exemple), mais c'est la plus grande et la plus connue.
On voit souvent des ouvrages ou cartes du Japon illustrés
de cette porte - parfois sans que l'on précise où
elle se trouve.
|
|
La porte Ōtorii appartient au temple Itsukushima.
Celui-ci est de la même couleur et a aussi les pieds dans l'eau.
Il a été fondé au sixième siècle
et terminé en 1168.
|
|
Surprise: le temps de visiter quelques magasins de souvenirs,
de caresser quelques chevreuils et de manger un bol de riz
(il n'y avait pas de selle de chevreuil), nous avons perdu
la mer! A marée basse, le temple n'est plus dans l'eau
mais sur le sable. La porte par contre trempe toujours dans l'eau.
|
|
Nous redecendons du sommet à pied et arrivons dans un grand magasin de souvenirs:
On y trouve de tout: de babioles diverses (au premier plan) aux gros meubles
en bois (au fond). Un chevreuil attend les touristes à
la sortie.
|
|
De retour au temple Itsukushima, nous constatons que la marée est au plus bas
et qu'alors même la porte sort de l'eau. Nous decendons
sur le sable détrempé.
Quand la porte est immergée, des petits bateaux s'en approchent
de quelques touristes n'ont rien trouvé de mieux que de planter des
pièces de monnaie dans la peinture. Au moins, ça donne
une idée de la hauteur de l'eau à marée haute:
environ deux mètres.
|
|
|
La mer retirée, les habitants se précipitent sur la plage
pour aller chercher des coquillages pour la soupe au miso (pâte de soja).
Il faut aller
les chercher en profondeur dans le sable.
Il y a une concentration impressionnante de gens affairés à
cette pêche à la pelle.
Ce remue-ménage attire naturellement toutes sortes de parasites,
comme cet oiseau à la recherche de poissons et crustacés
prisonniers d'une flaque d'eau, ou ce chevreuil intéressé
par les sacs non surveillés.
La pauvre dame à la casquette a eu une bonne frayeur
en voyant soudainement une truffe fouiller dans ses affaires.
|
|
|
Le temple qui semble comme échoué sur le sable,
perd une bonne partie de son charme à marée basse.
Nous n'avons d'ailleurs trouvé aucune carte postale montrant
le temple ou la porte à sec. Il est assez surprenant que
les guides touristiques ne mentionnent pas la marée. Quelle
n'aurait pas été notre surprise de trouver une porte
sur une plage si nous n'étions venus que l'après-midi.
|
|
Sur le chemin du retour nous croisons à nouveau les
chevreuils mal élevés du débarcadère et reprenons le ferry.
Les boutiques de souvenirs chechent encore à vendre leur pacotille
aux derniers touristes du jour. Ces statuettes érotiques
sont un souvenir adorable, non?
Nous avons eu chaud: Un groupe d'une centaine ou plus d'écoliers en uniforme
attend de l'autre côté pour prendre le ferry pour passer la nuit
sur Miyajima. Ceux-là, nous les avons évités, mais
bientôt nous serons noyés dans les courses d'écoles à Kyōto
et Nara.
|
|