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Impressions du Japon     16 avril 2002 au
16 novembre 2003
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Mercredi 22 janvier 2003

Les banques au Japon

Je hais les banques japonaises. Plus j'habite au Japon et plus je hais les banques. J'en viendrais presque à regretter les grandes banques suisses pour lesquelles le client n'est qu'un incovénient générant des coûts. Au moins, elles se rattrappent avec les gros clients.

Ici c'est le contraire. La crise économique à durée indéterminée qui sévit au Japon fait se multiplier les solutions miracle pour sortir de la crise. Evidemment ça ne marche jamais, et se sont toujours les banques qui raquent. Et comme l'origine de la crise c'est que les banques vont mal, ça ne fait qu'empirer les choses.

La plus grosse banque du Japon, la Mizuho, existe depuis une année et a déjà accumulé 17 milliards de dollars de pertes. Neuf fois plus que prévu. Mieux que Lukas Mühlemann (Swissair, Winterthur, CS) et Martin Ebner réunis!

Vu depuis en bas, l'état des banques ne surprend pas. Leur structure semble héritée de l'ère soviétique. Une agence ressemble un peu à une administration communale. Pas de guichets, pas de vitre de sécurité, mais un grand comptoir auquel on est invité à se rendre par une voix informatique qui appelle des numéros. Derrière, une vingtaine d'employés qui s'affairent à on ne sait quoi. Les femmes sont en uniforme, les hommes en civil. Heures d'ouverture: 9h à 15h. Cinq jours sur sept.

Pour les banques, le petit client est une vache à lait que l'on trait à volonté. Quelques exemples:

  • J'ai essayé de transférer de l'argent de la Suisse au Japon par le BCV-net. Ma banque, la Joyo Ginko m'a appelé pour me dire qu'il y avait eu un problème: Le clearing de la banque était incorrect. La BCV a mis le clearing de l'agence de Tsukuba-center (le seul code publié) au lieu de celui de l'agence de Oho. J'ai dû venir avec la secrétaire à Oho et préciser que je voulais bien qu'on me verse l'argent. L'employée a alors passé une demi-heure au téléphone avec Tsukuba.
    Ensuite une petite surprise: j'avais bien précisé que je voulais que les frais soient à la charge du compte en Suisse. La Joyo Ginko a quand même pris 3550 yens (40 francs) au passage.
  • Céline a essayé de transférer de l'argent à la Mizuho: mêmes problèmes. Elle a alors demandé le clearing. Ils ne savent pas ce que c'est. De toute façons, vous n'en avez pas besoin, ça finit toujours par marcher. Bien sûr...
  • Pour autoriser le débit automatique de l'assurance maladie il a fallu aller deux fois à la banque: ils n'avaient pas le bon formulaire. Pourquoi ne vais-je pas à l'agence d'Abiko oû ils auront sans doute le formulaire adéquat me demande-t-on. Parce que je travaille moi, pardi!
  • Pour le débit automatique de l'abonnement à internet il a fallu s'y reprendre à trois fois. Mais cette fois c'est le fournisseur d'accès qui a fait le boulot.
  • Pour payer le loyer je peux au moins éviter d'aller traiter avec ces incompétents - je le fais au bancomat. Mais cela coûte 525 yens (7 francs) la transaction.
  • Ah quand même, direz-vous, les banquiers sont peut-être incompétents, mais au moins les bancomats savent tout faire. Certes, mais cela les fatigue tellement qu'ils doivent dormir de 18h à 8h et tout le week-end. Quelques bancomats sont ouverts le week-end, mais tout retrait coûte alors 105 yens. C'est incroyable que dans cette société où tout se paye cash, on ne puisse pas retirer de l'argent en dehors des heures de bureau!
  • Jusqu'ici ma banque m'a débité deux fois des frais de gestion (105 yens, 1 franc 20) parce que mon compte n'avait pas un million de yens de crédit, et m'a crédité une fois des intérêts: 5 yens (6 centimes) le 16 août.

Evidemment quand on va à la banque on n'y voit que des femmes. Au Japon c'est madame qui s'occupe de toutes les affaires financières. Le mari apporte le salaire et reçoit un peu d'argent de poche. Une tradition qui date des samurai. Dans ces conditions ce n'est pas très étonnant que la banque ne se donne aucune peine pour améliorer le service à la clientèle. Si les hommes allaient à la banque, il en serait certainement autrement.

Enfin l'aventure du jour: Allant à Taipei, j'ai besoin de dollars taiwanais (NT$) A l'aéroport de Narita il n'y a qu'une banque qui change des yens en NT$, la Sumitomo. Et cette banque se trouve au terminal 2. Manque de chance mon avion pour Taipei part du terminal 1. Je prends donc le bus pour changer de terminal et je change mes yens en NT$. Pour ce faire je dois remplir un formulaire qui sera certainement classé quelque part. Le cours: 23.4 NT$ par 100 yens.

Arrivé à Taiwan, avant même la douane ou la récupération des bagages on tombe sur un bureau de change. Ici le cours est de 26.4. Soit 13% de mieux! Ca fait quand même une sacrée différence.

Une autre observation extraîte du pamphlet du 20 juin: La dame sur la photo ci-contre ont un rôle d'hôtesse d'accueil. Elle explique - sourire aux lèvres - aux clients du bureau de change de l'aéroport de Narita comment remplir le formulaire pour demander de changer de l'argent. (Si vous croyez encore qu'on peut changer de l'argent en allant au guichet et en parlant avec la personne derrière, c'est que vous n'êtes jamais allé au Japon...). Je m'exécute: Montant: 10000¥, monnaie: Euro. Bien.

Elle m'explique ensuite que je dois prendre un numéro puis attendre. Après trois secondes, on apelle mon numéro. Je donne le formulaire et le billet de 10000¥. Omachikudasai, attendez s'il vous plaît. Ah, encore. Mon formulaire passe par trois autres paires de mains armées de tampons divers et arrive enfin vers quelqu'un d'important, au fond, qui est abilité à donner des billets européens. Cinq minutes plus tard, j'ai mes euros. En tout il y a neuf employés dans cette banque. Et ils arrivent à causer la formation d'une queue, alors qu'il n'y a que cinq clients.

Ma conclusion: si vous croisez une banque ouverte au Japon, changez de trottoir!

Taipei

Je me rends à Taipei pour un séminaire. Céline me rejoindra deux jours plus tard.

Après les aventures banquaires contées plus haut, j'ai eu un vol très agréable avec Cathay Pacific. Ils ont un programme de films très riche: J'ai vu "8 femmes" en français sous-titré chinois.

A Taipei mes collègues et moi nous décidons pour le taxi. Le bon choix au vu de l'heure à laquelle les adeptes des transports publics sont arrivés à l'hôtel. Mais un choix risqué. Un bouchon sur l'autoroute? Pas de problème, on continue à 80 à l'heure sur la bande d'arrêt d'urgence. C'est que les quatre taxis que nous avons réquisitionné se font la course. Nous arrivons troisième. Les deux japonais qui sont dans le taxi avec nous sont fort étonnés. L'un d'eux nous dira que c'est la première fois qu'il va à l'étranger.

Chronologie: La suite à Taipei

Photos © Patrick Koppenburg et Céline Weber (sauf mention), textes © Patrick Koppenburg (sauf mention).
Dernière mise à jour: 09:48 2006-01-05 - Patrick Koppenburg
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