La brigade criminelle s'invite à une gâteau-party
Après les essais culinaires décrits précédemment, Céline
était prête pour organiser une gâteau-party à Abiko.
Et comme la date tombait bien pour célébrer les 400 ans de l'Escalade,
Frédéric nous a même gracieusement fait parvenir une marmite
en chocolat. Qu'il en soit remercié publiquement ici!
Malheureusement, celle-ci n'a pas survécu au voyage. Nous
espérons que le facteur indélicat aura au moins prononcé la rituelle
"Ainsi périssent les ennemis de la République"
en commettant son forfait!
C'est à cinq que nous avons fêté l'Escalade: Il y avait Christoph et
sa copine Masayo ainsi que Dario. Outre les morceaux de chaudron, garnis de leur jardinière
de légumes de saison, Céline avait fait une tarte au kiwi, un cake aux mandarines
et des brownies au chocolat suisse (si,si!). Tout ça fut fort apprécié.
Nous avons même pu déguster en l'honneur de l'Autrichien Christoph
un vin du Burgenland, gagné quelques mois plus tôt par le père de Céline dans
un restaurant de Tōkyō.
Assez vite, nous avons été dérangés par le téléphone.
Un homme qui parlait en japonais entrecoupé de deux trois mots d'anglais et
prétendant être de la police d'Abiko appelait pour me demander mon nom et
quel était mon numéro de téléphone. C'est la première
fois que je vis la vieille blague du gars qui appelle pour demander le numéro
de son interlocuteur. Heureusement Masayo est intervenue pour officier comme interprète.
Il apparaît alors qu'il s'agit d'une histoire de meurtre à Abiko et que la police
a trouvé le calepin de la victime dans lequel se trouvait notre numéro de
téléphone. Comme nous trouvons un peu bizarre qu'un flic appelle quelqu'un pour lui
demander s'il n'a pas assassiné une vieille dame, nous flairons l'arnaque et en disons
le moins possible. Le policier dit alors qu'il passera et montrera son insigne.
Masayo nous explique alors que même si c'est la police demande à NTT
(le Swisscom local) qui se cache derrière un numéro de téléphone,
NTT doit demander l'autorisation du concerné pour le donner.
Big Brother n'a pas encore passé par là!
Une demi-heure plus tard arrive alors un homme de la quarantaine, habillé en costume
noir égayé d'une cravate colorée et qui nous tend une carte de la police
de la préfecture de Chiba. Une comme dans les films, avec l'écusson de Chiba en
métal doré et sa photo en dessous. Il explique à nouveau que le calepin
en question contenait notre numéro de téléphone mais que l'on n'arrivait
pas à lire le nom en face. Nous lui expliquons, facture de NTT à l'appui que
nous n'avons ce numéro que depuis juin. Il dit qu'il sait qu'auparavant ce numéro
appartenait à une confiserie. Il est donc probable que ce soit la confiserie qui
était notée dans le calepin, mais il devait quand même vérifier
tous les numéros de la liste. Nous en déduisons que nous ne sommes pas suspects.
Après quelques sumimasen d'excuses pour le dérangement, il nous
avertit encore que le Japon devient un pays dangereux - "comme en Europe" - et qu'il
y a des jeunes qui attaquent les sacs à main au couteau et qu'il faut pas hésiter
à appeler la police. Nous lui offrons un brownie et il s'en va en faisant de nombreuses
courbettes.
Après cette animation -
nous savons ce que nous devons à nos invités - la
gâteau-party peut reprendre ses droits.
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