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Louis Vuitton pour la frime
Les Japonais sont les victimes consentantes d'un étrange phénomène
de mode: le sac Louis Vuitton. Il n'est guère possible d'entrer dans un wagon de
métro sans y croiser une femme (de tout âge) parée de son Louis Vuitton,
parfois accompagné du sac de voyage assorti. Les hommes ne sont pas en reste:
ils s'affichent avec la gamme de sacs de voyage et les porte-monnaies.
N'allez pas penser que ce sont des faux! Ca ne se vendrait pas au Japon.
On rencontre évidemment aussi du Gucci ou du Fendi, mais moins souvent;
Louis Vuitton domine largement. La raison en est le dessin - deux lettres L et V
entremélées - reconaissable de loin. Evidemment, c'est nettement moins joli que
les modèles sur lesquels la marque n'est indiquée que sur la boucle ou dans un coin.
Mais le but n'est pas de faire joli, il est de porter du Louis Vuitton.
Ces sacs se trouvent bien sûr dans les boutiques homonymes à Shinjuku ou Ginza.
On en trouve aussi dans n'importe quel grand magasin
de banlieue, comme l'Espa à Abiko. Mais dans ce cas c'est de l'importantion
parallèle. En principe un Louis Vuitton s'achète chez Louis Vuitton.
C'est que le Japon, c'est 70% du chiffre d'affaires de Louis Vuitton au niveau mondial.
Et les 30% qui restent contiennent les boutiques de Paris ou New-York, prises d'assaut
par des touristes japonais et ces réseaux parallèles.
Pour éviter les abus, un même client n'a pas le droit d'acheter
plus de trois articles dans une boutique officielle.
Le prix? 50000 ¥ (600 Fr) pour le plus petit,
plus de cent mille pour les sacs de taille raisonnable. Et ce qui serait caché dans
une armoire en Europe est utilisé quotidiennement ici. On a vu des grands sacs de voyage
utilisés comme cabas à commissions.
Alors qui peut se payer cela? Visiblement tout le monde, à voir le nombre de ces sacs
qui sont promenés dans les métros. Il faut avoir un sac de luxe pour être
quelqu'un - et les grandes marques européennes en profitent largement.
A en croire ce que nous expliquent les Japonais - ceux qui jurent que jamais ils
n'achèteraient un tel objet - beaucoup de gens s'endettent pour pouvoir se payer
leurs vêtements de marque. Ou alors ils économisent sur le mobilier. Mais
certainement pas sur la voiture: la grosse 4x4 - totalement inadaptée à la
largeur des routes japonaises - est à
monsieur ce que le sac est à madame. Voir
l'article à ce sujet.
Il y a aussi ce qu'on apelle les "parasites": ces jeunes de 30 ans ou plus
qui habitent chez leurs parents nourris logés et que les parents n'osent
pas mettre à la porte. On passera sur les histoires plus sordides...
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